" Pour ceux qui m'ont tenu la main, pour ceux qui l'ont lâchée. Pour ceux qui firent mes joies, pour ceux qui l'ont gâchée. " - Akh

" Pour ceux qui m'ont tenu la main, pour ceux qui l'ont lâchée.  Pour ceux qui firent mes joies, pour ceux qui l'ont gâchée. " - Akh




C'est ici que cette aventure touche à sa fin.

Une autre commence: celle de la vraie vie, avec ses combats, ses idéaux et ses idées hautes.

A chaque lecteur, à chacun et chacune qui m'a apporté quelque chose, MERCI.







Moussa B.

# Posté le dimanche 05 octobre 2008 05:50

Modifié le vendredi 31 octobre 2008 19:40

"La réussite, c'est un peu de savoir, un peu de savoir-faire et beaucoup de faire-savoir."- Jean Nohain"

"La réussite, c'est un peu de savoir, un peu de savoir-faire et beaucoup de faire-savoir."- Jean Nohain"
"Notre peur la plus profonde n'est pas d'être inapte, notre peur la plus profonde est d'avoir un pouvoir extrêmement puissant.

C'est notre propre lumière, et non notre noirceur, qui nous effraie le plus.
Nous déprécier ne servira jamais le monde. Et ce n'est pas une attitude éclairée que de se faire plus petit que l'on est en espérant rassurer les gens qui nous entourent. Nous sommes tous conçus pour briller, comme les enfants.

Cette gloire n'est pas dans quelques uns, elle est en nous.

Et si nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission que leur lumière brille."

# Posté le mardi 22 avril 2008 14:42

Modifié le dimanche 17 août 2008 12:03

"La vie est un combat, pour ceux d'en haut comme pour ceux d'en bas."- K.James

Chapitre 1

Mes yeux voient le jour, ma mère fatiguée s'effondre et l'infirmière inattentive me laisse tomber au sol. Peu après c'est le mur de Berlin qui s'effondre. Joufflu et frisé, seuls mes longs cils joueront à mon avantage à la maternelle où Marie est mon premier amour. Comme mes cils, ma couleur de peau constitue une différence que j'ignore. Je grandis et apprends à vivre au milieu de trois grands frères et d'une grande soeur.

Chapitre 2

La vie se poursuit, entre humiliation et bizutage des grands frères, réconfort de la grande soeur et désespoir à l'école primaire. Au village on aimait les bronzés, mais à l'école primaire quand t'es le seul, vaut mieux se faire tout petit. Si les grands frères m'ont humilié, je n'oublierais jamais lorsque madame Joubert au CE1 m'a pincé, jeté une brosse puis collé une violente claque à la joue sous prétexte que je peignais mal. Inconsciemment, son racisme allait peindre ma vie et dépeindre ma personnalité.

Chapitre 3

Entre difficultés financières et grands frères qui migrent dans l'enseignement supérieur, c'est l'émigration: un véritable exode rural. Adieu Mazan, "grande" ville de quelques milliers d'habitants. Direction l'énorme ville d'Avignon connue pour ses 2 gigantesques Auchan et son pont Saint Bénézet. Une chose est sûre ça ne ressemble pas à Mazan, ni sur le plan de la couleur ni sur le décor: ici le blanc se fait rare contrairement à Mazan où il dominait ; quant à notre maison à étage, garage et grenier elle se voit remplacée par d'énormes barres d'immeuble couleur moisissure. Les villas sont de l'autre côté d'un mur aussi long que celui de Berlin...

Chapitre 4

Joyeux d'une troisième place miraculeusement accordée par madame Joubert, je jouis d'une différence de niveau qui me catapulte au premier rang dans ma nouvelle classe. Rang qu'au nom d'un certain égo je refuserai de lâcher jusqu'aujourd'hui. L'école primaire me couronne et me façonne, à 10 ans le collège m'accueille. Collège ZEP- Zone d'Education Prioritaire-, j'ignore si c'était à la saleté ou à l'échec scolaire qu'on accordait toute priorité. Le rang de premier m'affame toujours, même si on me traite de lèche-bottes ou de sale intello', je ne lâche rien : le "C'est bien mon fils" de mes parents vaut beaucoup plus à mes yeux.

Chapitre 5

Je pensais modeler le collège et son environnement, mais ce sont eux qui me façonnent: j'aime faire la "halla", je suis moins réticent à voler des cerises mais toujours opposé au vol de postes CD. Trois avertissements scolaires me font découvrir la peur, la peur me rapproche de Dieu, que je découvre. Ce dernier reste alors plus omniprésent que Joubert, l'apprentissage de l'arabe conjugué à celui du Coran accélère une découverte spirituelle qui, jusqu'aujourd'hui, me surprend.

Chapitre 6

Hélas, le rapprochement ne durera pas éternellement, le passage en seconde générale et l'échec de mes camarades de collège font peser la pression sur des épaules qui ne peuvent plus assurer le rôle de lèche-bottes. Des potes sont à la rue, l'un d'eux meurt et qu'Allah le garde; les autres découvrent, fument et vendent de la drogue. Pour ma part la trilogie école-maison-snack résume mes jours. Un quatrième terme s'y ajoute: le basket, j'ai enfin découvert mon sport après maintes humiliations footballistiques.

Chapitre 7

Ma seconde maison, le lycée, me fait découvrir de nouvelles personnalités, de nouveaux modes de vie, de nouveaux styles, de nouveaux goûts: je découvre la France. J'y découvre mon unique ami aussitôt surnommé Frère. Je me nourris de tous les apports et finis par accepter qu'un, puis deux surdoués me dérobent le podium scolaire. J'apprends que les individus brillants ont souvent un ou deux ans de moins que moi. Je gravis les échelons de la vie, la vie familiale fait des siennes, je m'implique entre décès, procédures judiciaires et querelles familiales. Une implication mentalement coûteuse. Bientôt, je mettrai terme à mon mandat de victime psychologique.

Chapitre 8

Année 2005, en découvrant des cyber-copines, je découvre aussi des cyber-racistes. Tout un monde virtuel que je dépoussière, je livre mes combats exprimés par commentaires interposés sur des skyblogs, me forge une réputation auprès des villages voisins -dont les habitants qui comptent parmi eux les fameux cyber-racistes- où on a du mal à me répondre et où mon air dragueur menace "leurs" filles. La fin de l'année 2005 sacralise ma renaissance.

Chapitre 9

En novembre, 2 frères meurent: Zyed et Bouna sont morts pour rien. Une flambée de protestation jaillit sur tout le territoire de la patrie des Droits de l'homme. Le malaise identitaire, l'inégalité des chances, le racisme, le chômage, l'inégalité à l'accès des services, la pauvreté, la ghettoïsation: tout est dénoncé. Une dénonciation silencieuse dans les coeurs des concernés et violente au sein des plus avilis.
J'apprends une seule chose: ces barres d'immeubles, ces écoles où les élèves sont tous colorés, ces voitures qui brûlent chaque jour, ces trous, ces lycées BEP/CAP préconçus pour les banlieusards, et bien tout. Oui tout est pareil de partout, seul le nom des villes change. Je cherche alors les causes de notre condition commune, je lis enfin des livres qui ne me sont pas imposés, m'affole devant les débats télévisés, découvre le vrai rap, écrit quelques vers bidons.


Chapitre 10

Le rap ne sera pas ma voie, skyblog -où je vis désormais- ne sera pas ma résidence définitive. J'ai appris dans cette vie que parler c'est bien, mais agir c'est mieux. Alors j'apprends à parler pour pouvoir mieux agir. J'entame une filière semblable à celle entreprise par les auteurs dont je lis les oeuvres, les intellectuels que j'écoute, les dirigeants du monde qui vont jusqu'à modéliser nos vies. J'aimerais dresser une liste mais elle est trop longue. Surtout que cette liste commence par Dieu, ma mère, ma famille, mes vrais amis, ceux qui m'ont appris la vie, ceux qui m'ont suivi, puis tous les autres.

Quant au Chapitre 11, j'espère pouvoir bientôt l'écrire, mais cette fois sur les manuels d'histoire en démontrant à toi, qui que tu sois, d'où que tu viennes, que tu n'es pas condamné à l'échec. Une des libertés que nul ne peut nous dérober est le rêve, alors rêvons...



Moussa, « Peu d'idéaux mais les idées hautes».

# Posté le mardi 29 janvier 2008 13:22

Modifié le jeudi 31 juillet 2008 16:34

Parceque personne ne sait où il va, chacun doit savoir d'où il vient.

Parceque personne ne sait où il va, chacun doit savoir d'où il vient.
Le monde c'est un peu comme la Mule: ce merveilleux cheval marron, plus utile qu'agréable, et qui peuple des millions d'ordinateurs à l'heure qu'il est. Un cheval gratuit d'accès, du moins en apparence...


Cette Mule attaque plus efficacement qu'un virus. Hypercontagieuse, une fois contaminé, toute sorte de fichier te paraît nécessaire: des premiers épisodes de Oui-oui qui ne te procurent plus rien à la dernière prestation d'une Pop-Star qui est d'autant plus bidon qu'elle fera naître d'articles sur Skyblog.

Une Mule qui prône - enfin - une forme d'égalitarisme: "Vive la culture gratuite -même piratée - et une culture pour tous". Cependant certains ont des ordinateurs plus performants que d'autres. Vient alors un moment où tu télécharges tellement que tu ne prends même plus le soin de regarder, d'écouter ou de lire le quart des fichiers offerts par la jument. Mais tu continues à télécharger, histoire de satisfaire ta conscience, de penser que finalement t'as pas acheté ton PC pour rien.

Ce qui te paraissait insensé devient alors un besoin, non plus un besoin de lire tes fichiers téléchargés mais simplement pour te dire que tu télécharges, comme Monsieur Tout le monde.
Puis ton disque dur est plein, ton cerveau est vide, la Mule fatiguée s'évanouit, blessant quelque fois ton PC.


Le Business régit tous les marchés, les marchés couvrent notre globe. Ils contaminent souvent les gens d'un virus: le Shopping. Et si cette pathologie s'aggrave, les spécialistes parlent de Soldes (maladie souvent chronique).

Une fois contaminé, tout te paraît nécessaire: du jean troué - qui laisse autant passer de froid que de regards vicieux- aux gants sur lesquels on exige qu'une virgule soit cousue. Un moyen d'expression de soi dit-on, surtout un moyen de te réduire à ce que tu portes. Ta valeur est proportionnelle au prix de ce que tu possèdes: pour la première fois dans l'Histoire, valeur et prix vont de pair.

Peu importe, l'essentiel c'est que ça fasse parler deux ou trois personnes qui auront remarqué ta super originalité. Faute d'originalité, tous ressemblent désormais à des photocopies. Le pire, c'est que personne ne se rend compte que l'original... ben y'en a pas. Le Marché avait de la crotte à évacuer de son placard et voilà qu'on la retrouve dans le tien deux semaines plus tard. Un Marché soi-disant accessible à tous mais tous n'ont pas le même nombre de zéro- avant la virgule- sur le compte.

Le plus tragique, c'est que les plus pauvres continuent à tout faire pour apparaître comme de bons vivants. Ils consomment et consument leurs billets pour mieux faire que le voisin: des chaussures trois bandes pour enfant à la berline payée au bout de 15 ans. Une manière de satisfaire son inconscient et , inconsciemment, voilà c'que ça cause. Contrairement à la Mule, le compte ne fait rien: s'il est vide et fatigué, à toi de te fatiguer pour y remédier.

A l'heure où certains ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires, on continue à innover perpétuellement dans le but d'assouvir une infinité de désirs qu'on fait passer pour besoin.
C'est confronté à ce paradoxe que je te soumets un proverbe peu orthodoxe: " Lorsque tu ne sais pas ou tu vas, regarde d'ou tu viens"
.

# Posté le vendredi 16 novembre 2007 19:36

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 14:44

"Elle donne son corps avant son nom."- IAM

"Elle donne son corps avant son nom."- IAM
Il est bientôt minuit, le sommeil pour certains, le réveil pour d'autres. Pas de showtime, pas de concert, ni d'émission en prime time, mais mon travail. Maquillage captivant, lentilles scintillantes, micro-jupe moulante, talons brillants, panoplie se fondant dans un futur produit ambulant...

Ce soir je ne sors pas, je vais travailler. Voilà trois mois que le destin m'a parachuté un peu plus à l'Ouest dans ce merveilleux globe que je revisitais chaque matinée. Ce globe c'était le cadeau de mon père avant qu'il ne décède, j'étais première de classe au collège et un tel cadeau ne pouvait que me stimuler à poursuivre dans la voie de l'excellence. J'ignore quel parachute m'a été confié mais l'atterrissage m'a fait osciller d'un extrême à l'autre.

Je suis, comme tu l'as deviné, à l'Ouest dans l'Eldorado, la vraie Europe, l'Europe riche, celle notamment représentée par un foudroyant Bleu Blanc Rouge. Ce pouvait être un peu plus au Nord, mais ce que m'a proposé mon oncle me convenait. Après tout, il vaut mieux se défouler au bord d'une route et y travailler en toute tranquillité, plutôt que rester illuminée derrière une vitrine avec des collègues dont l'âge dépasse rarement la quinzaine.

"Bleu Blanc Rouge plutôt que les quartiers rouges": Maman,en manque d'argent, me l'a recommandé.

Il s'agit bien là d'un moyen et non d'une fin: tout m'est préférable au mal être de ma mère. Faute de diplôme ou faute d'argent, c'est pour les compenser qu'aujourd'hui je fais de chaque inconnu une intime connaissance... le temps d'une soirée.

Grands, petits, gros, minces, vieux, moches, des répugnants, insatisfaits, leur perversité demeure leur point commun. Autant de clients que d'histoires, il arrive que certains justifient leurs actes, mais pas le temps pour moi. C'est une histoire de quotas, quotas à atteindre chaque soir sous peine de renvoi par le Boss.

Ainsi chaque soir le même rituel a lieu, on se rencontre, on fixe rapidement le coût de chaque désir, puis on conclue tout aussi précipitamment le contrat. De même que tout employé, j'offre ma force de travail. Je me déshabille, m'allonge et offre ladite force de travail. Je m'excuse de ne pas être apte à détailler l'offre, j'en ai même perdu le sens du mot désir ou érotisme. L'air d'une machine qui offre ses services à la clientèle, sans distinction, l'argent étant le seul préalable.


Certaines offrent leur charme pendant qu'une pareille tragédie en inonde d'autres dans leurs larmes.

Comme on dit "le client est roi", j'ignorais que des Rois pouvaient être aussi inhumains, aussi pervers et puissent se prétendre hommes en faisant de moi une chose; Rois désirant une machine sous prétexte que leur femme est trop humaine. En plus d'être chose je suis inhumaine.

En Roumanie c'est la vie ou la mort, j'ai choisi la première option; pour moi comme pour maman. Seulement "la vie ou la mort" est comme la devise sous le drapeau Bleu Blanc Rouge, même si on effectue un choix, nos origines finissent par nous rattraper et compromettre ces idéaux. C'est la vie de maman qui est compromise, alors à toi qui lis ces lignes, considère mon suicide comme le résultat d'une injustice.


S'il y a une seule chose que tu peux faire, c'est oeuvrer pour que les parachutes- offerts à des jeunes filles comme moi- disparaissent et nous laissent dans notre Eldorado familial, loin d'une réalité faussée par ton écran TV.

# Posté le mercredi 12 septembre 2007 17:18

Modifié le mardi 09 octobre 2007 15:09